Homards

Le jour de mon anniversaire, j’ai voulu me faire plaisir et fait un arrêt à l’épicerie du coin. Mon idée : deux gros homards vivants que j’allais faire bouillir chez moi, dans le gros chaudron offert par mon ex. Pas de beurre à l’ail, pas d’accompagnement ni rien. Le moins de vaisselle possible. Et un rouleau de Scott Towels.
Le vivier à homards était vide, ce qui n’augurait rien de bon. À ma surprise, le commis m’a informée qu’il lui en restait trois « en arrière » et que l’aquarium était vide pour cause de nettoyage. Yesss! J’ai déchanté en voyant les trois bêtes estropiées s’agitant au ralenti au fond du bac en plastique qu’il ramenait du frigo. « Il leur manque une pince » s’est excusé le commis. 
J’ai quitté bredouille et c’est en tête à tête avec deux œufs tournés et un verre de scotch, que j’ai accepté de vieillir encore d’une autre année.  
Mais j’avance en sagesse. Demain, j’irai acheter du homard dans une vraie poissonnerie.

 

Date de création: Le 9 juin 2014

Publié dans la revue Brèves (Laval, Qc), no 92, janvier 2016

© Diane Landry 2014
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